Archive for the ‘Californian life’ Category

What a nice coincidence: One year that this blog had not seen any fresh and spirited content. No longer! I have reclaimed a bit of my freedom by leaving my job at Nokia a week ago, and I’m now in a position that I can do whatever I like. What should that be, you ask me? A bit of traveling (the US is big, Europe is far), a bit of hacking here and there, and massive amount of meditation in a remote desert (I’m kidding).
It’s been a long time that I have not had a longer break than 3 weeks of vacation (I know that it’s forever for many here), and I’m really looking forward to getting bored. But then again, if you live in the Bay Area and you get bored, you’re not doing it right.

I’m actually leaving on a 10 day road trip tomorrow morning. I’ll be driving up along the coast of Northern California to Eureka, east towards Lassen Park and Mt Shasta, north again in Oregon territory, zigzagging among the forest park lands to Portland, Bend, then to Seattle. A good friend helped me make the plan, arguing among other things for the mandatory sight of large amount of solidified lava.
The route looks like this (Google maps) at the moment.

I then drop the rental in Seattle, and take the Coast Starlight train (wifi included, thank you Amtrak) all the way down to the Bay Area in one stretch of 22 hours.

Si vous venez visiter la Bay Area et San Francisco et que vous voulez gouter à l’esprit high-tech et entrepreneur de la Valley, c’est facile, il n’y a qu’à chercher un peu. Presque tous les jours, vous trouverez des meetings et meetups organisés par les nombreux groupes et associations de la région.
Quelques bonnes adresses pour commencer:

La plupart des événements organisés sont soit gratuits soit peu cher ($10-$20).

This article is relatively old (from 2007) but nonetheless interesting. It basically says that a condition for higher productivity is access to intangible wealth. Whereas natural and built capital describe natural resources, pasture land, and machinery, equipment, infrastructure; intangible wealth include such things as trust in society, property rights, education, etc.  And the amount of intangible wealth is decisive for how productive and creative you will be.

Sounds intuitive enough.

Concretely, what does it mean for you? Well, if you were pondering whether you really need a new computer, a bigger screen, a lighter bike, the newest camera, you can help convince yourself that you’ll be definitely more productive, says the World Bank. Self-deception is a powerful mind trick.

Deux ans passés en Californie. Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas plus blogué ici, ce n’est pas les choses vues, faites, et entendues qui manquent pour trouver l’inspiration pourtant. Je vais essayer de changer ça pour les temps à venir.

Ca fait aussi plus de 5 ans que je bosse au centre de recherche à Nokia. 3 ans en Finlande, 2 ans à Palo Alto. Je vais fêter mes 6 ans en Juin prochain. Le changement a été important, assez pour avoir un peu l’impression de changer de boite.

J’ai eu quelques surprises les premiers mois ici. Je m’attendais à trouver des ingénieurs et chercheurs avec un sens aigu du challenge, qui techniquement se pousseraient à toujours faire mieux, donc ouverts aux opinions et idées d’autres personnes. Et bien, pas forcément. Les Californiens se disent et souvent prétendent à cela, mais dans les faits, les gens prennent l’avis des autres très personnellement et se braquent facilement. La baie est le lieu des comportements passifs-aggressifs. Je me posais pas mal de questions les premières semaines jusqu’à ce que je discute avec des Américains de New York qui eux aussi avaient eu à s’adapter aux traits particuliers des gens de la baie.

Concrètement, qu’est-ce que cela veut dire? Et bien après une présentation d’un projet, d’une idée, d’un commentaire – de quoique ce soit venant d’une personne – il faut parler positivement de l’idée et doucement amener votre avis dans votre discours, mais sans trop en faire.

A fait la présentation d’une idée: “Notre application pour téléphones mobiles s’adapte parfaitement au style de vie de l’utilisateur, en réagissant et en lui proposant à tout instant la fonction ou l’application que l’utilisateur va vouloir utiliser en fonction de son contexte, de l’endroit, de l’heure, etc. Par exemple, l’utilisateur reçoit un appel de sa femme qui va accoucher alors qu’il est dans un meeting avec son chef. Le téléphone qui était en mode silence va l’alerter néanmoins parce que l’appel est a priori très important. Tout cela fonctionne grâce à un profile de configuration que l’utilisateur créé et personnalise. C’est très facile, car l’interface de configuration graphique lui permet de créer des groupes de personnes, et des règles avec différents niveaux de détails pour toutes les situations qui lui sont spécifiques. On a fait des tests utilisateurs dans notre lab, et les résultats sont excellents et prometteurs.”

B fait un commentaire non-Californien: “J’ai des doutes sur vos résultats des tests utilisateurs. On a fait des choses similaires, et l’approche de configurations complexes est une voie sans issue pour les téléphones mobiles. Les gens ne veulent simplement pas passer de temps à configurer quoique ce soit, et on en a la preuve à chaque fois. “

C fait un commentaire typiquement Californien: “Merci pour la présentation, c’était très intéressant. Les problèmes que vous addressez sont importants et j’ai bien aimé le scénario que vous avez utilisé qui représente bien les challenges qui restent à résoudre pour les téléphones mobiles. L’approche de demander à l’utilisateur de configurer des règles pour personnaliser le téléphone peut néanmoins avoir quelques inconvénients et ce n’est pas toujours facile d’utilisation. Quels sont à votre avis les challenges posés par cette approche et comment vous les avez résolus?”

Quelqu’un m’a dit qu’il essayait toujours de dire trois choses positives avant de donner son avis (avis qui reste souvent adouci). Alors bien sûr, il y a des groupes, des entreprises où les gens ont une approche plus ou moins directes. Mais en règle générale, c’est une bonne idée d’adopter un comportement très consensuel, et non conflictuel.

La culture et l’éducation française font que les Français sont prompts à trouver en premier les points négatifs d’une idée. Ce n’est pas que c’est mauvais en soi, mais le fait est que le système de pensée des Français est formé depuis le collège aux structures thèse-antithèse-synthèse. Notre cerveau va tout de suite penser à contrer une opinion (antithèse), et pas forcément à la supporter (thèse). C’est dur de changer des automatismes de pensée, mais c’est tout à fait faisable avec l’habitude (et surtout l’envie).

Une des étapes de l’adaptation à la vie Californienne consiste à penser tout beau, tout rose et surtout à communiquer tout beau, tout rose.
Par exemple, mon premier post, heu, billet de l’année donnerait…

Version française:

J’admets, j’ai laissé ce blog un peu aller ces 2 derniers mois. Vous pouvez mettre ca sur le compte du transfert froid-chaud Finlande-Californie, ou d’un excès d’introspection. Outre une rupture -sic- en Décembre et avec ca l’annulation des plans de voyage, les fêtes de fin d’année ont été relaxes.
M’ayant violemment tordu la cheville en jouant au tennis, j’ai aussi repoussé à plus tard 3 jours de snowboard.
Déjà, encore et toujours du mouvement coté boulot. Que ce soit à Helsinki ou dans la vallée, à croire que certaines organisations ne peuvent vivre sans réarranger les organigrammes et secouer les prunes pour le plaisir. Ha qu’il est difficile ce passage à l’ère Internet.

Version californienne:

Houra, je suis de retour sur mon blog! J’ai fait le plein d’énergie ces 2 derniers mois, et j’ai mille et une choses à vous raconter. Les fêtes de fin d’année ont été excitantes et pleines de nouveautés (de nouveau célibataire – yeepee!), et de balades dans la région dans ma superbe décapotable.
Je suis tellement en forme qu’il y a 2 semaines je me suis tordue la cheville au tennis – c’est ce qui arrive quand on est trop rapide sur le court! Je prends soin de la blessure, et je serai sur les pistes de ski en un rien de temps.
Coté boulot, il n’y a pas mieux. Les équipes managériales sont dynamiques, brilliamment réactives et se dépassent pour nous faire entrer dans le monde des compagnies Internet. Cet apétit de réussite est incroyable et tous au lab sommes avides d’y contribuer.

Personnellement, la version française se veut sarcastique. C’est vrai (espérons) pour une bonne partie de Français voire d’Européens, mais pas en Californie. Un ton sarcastique à la française vous porte préjudice ici. Par exemple, la version française ci-dessus sera interprétée ici comme: “ho quelles vacances misérables, la pauvre a vraiment pas de chance, et qu’est-ce qu’elle se plaint! elle doit vraiment être malheureuse et frustrée et jamais contente et dépressive et rejetée ; faut vraiment qu’elle se remette”.
Si c’est justement ce que vous vous disiez, euh… Enfin, vous saisissez la subtile différence. Même si mes vacances n’ont rien eu d’exceptionnel, je n’en suis pas à prendre du prozac. Et si l’histoire de la rupture ne vous apparaîssait pas clair, vous me poseriez la question (n’est-ce-pas?).

C’est le genre de mutation qui prend du temps – chassez le naturel, il revient au galop. Mais la version californienne n’est pas mal, non?